Le changement climatique confronte les professionnels du tourisme à des risques de plus en plus complexes : sécheresse, vagues de chaleur, incendies de forêt et restriction d’eau peuvent désormais survenir simultanément. Cette évolution oblige les opérateurs à mieux anticiper les crises et à adapter leurs activités. Sur base du dernier rapport de l’OCDE, Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE, paru en août 2026, voici quelques recommandations.
Pour les campings, hébergements et attractions touristiques, les priorités sont concrètes :
- mettre en place des systèmes d’alerte et des procédures d’évacuation ;
- informer clairement les visiteurs des risques et des comportements à adopter ;
- cartographier les infrastructures touristiques situées dans les zones exposées ;
- renforcer la gestion de l’eau, notamment grâce à la récupération des eaux de pluie ;
- développer des espaces ombragés et des bâtiments mieux adaptés aux fortes chaleurs ;
- coordonner les actions avec les services d’urgence, les transports, l’énergie et la santé.
Les professionnels devront également faire face à des choix parfois difficiles. Faut-il privilégier les arbres pour créer de l’ombre ou dégager la végétation afin de limiter les risques d’incendie ? Comment maintenir les piscines, fontaines et jeux d’eau lorsque les communes imposent des restrictions ? Quelles solutions proposer aux visiteurs en cas de canicule ?
Le climat pourrait aussi modifier les flux touristiques. Des régions plus tempérées, comme la Bretagne, la Normandie ou les Hauts-de-France, ont mieux résisté cet été que certaines destinations plus méridionales. En Belgique, la côte pourrait également renforcer son attractivité estivale par rapport à la Wallonie.
Le tourisme ne peut pas s’adapter seul au changement climatique. Les mesures devront être conçues en concertation avec les secteurs des transports, de l’énergie, de la santé publique et des services d’urgence.
Cette coordination doit être organisée à l’échelle des destinations, mais aussi intégrée aux plans nationaux et régionaux d’adaptation au changement climatique. Les professionnels du tourisme doivent être associés à la planification, tout comme les habitants et les gestionnaires d’espaces naturels.
L’enjeu n’est donc pas seulement de protéger une activité économique. Il s’agit de garantir la sécurité des visiteurs, de préserver les ressources naturelles et de maintenir la qualité de vie des populations locales. Dans ce contexte, les destinations qui anticiperont le mieux les risques seront celles qui pourront continuer à accueillir des visiteurs tout en limitant leur vulnérabilité.
Le changement climatique oblige ainsi le tourisme à repenser ses infrastructures, ses saisons, ses flux et ses modèles de développement. L’adaptation ne sera pas une mesure ponctuelle, mais une condition durable de l’attractivité touristique.




